Si l’on parle de psychologie positive, est-ce parce qu’il existe une psychologie négative ? Non, il n’en est rien. Cependant, au lieu de se focaliser sur ce qui ne va pas, d’en trouver la source et de « vider son sac », la psychologie positive propose une autre vision et une grille de lecture différente.

Cette approche, positive, se fonde sur les ressources de chacun. Martin Seligman, père fondateur de la psychologie positive en 1998, part du principe qu’il est nécessaire de se focaliser sur les points forts, les qualités, et les forces de l’individu pour l’aider à surmonter les épreuves qui se présentent à lui.

Utiliser la psychologie positive dans une démarche de connaissance de soi favorisera un mieux-être et permettra de prendre conscience de ses forces et de l’environnement favorable qui entoure l’individu.

Le vocabulaire que j’emploierai dans cet article reprendra essentiellement les mots suivants :  accompagnement, coaching, personne accompagnée ou encore individu coaché.

Il est souvent dit que si l’on pense négatif, alors, le négatif arrivera. Cela est une vérité. Non pas parce que celle-ci se base sur de l’ésotérisme ou une quelconque obédience mystique, mais plutôt car le fait de penser négatif engendre une vision, un comportement et une attitude qui sera orientée négativement. Tel un effet de domino, les épreuves négatives, complexes, difficiles s’installeront et le cercle vicieux se refermera sur la personne. « tu vois, je te l’avais dit, je n’y arrive pas… ce n’est pas pour moi… c’est trop compliqué… ».

ce n’est pas le monde des « Bisounours », mais … une approche qui se concentre uniquement sur les ressources de chacun.

Attention, cependant la psychologie positive n’est pas une solution miracle ni un arbre à bonheur dans lequel nous pourrions cueillir ce qu’il nous manque, ce n’est pas le monde des « Bisounours », mais c’est une approche qui se concentre uniquement sur les ressources de chacun. Des ressources que l’on doit parfois aller chercher loin. Des ressources enfouies au plus profond de soi, et que l’on doit faire remonter à la surface, puis légitimer aux yeux de la personne accompagnée. La psychologie positive utilise des protocoles spécifiques pour accompagner correctement les individus, et contribue à l’épanouissement et au fonctionnement optimal des gens grâce à l’étude des conditions et des processus personnels et environnementaux existants » (Gable & Haidt, 2005).

Cependant, il est important de prendre en considération que le fait de travailler en quête de d’un bonheur purement individuel ne pourra perdurer si l’environnement dans lequel on évolue n’est pas également dans une démarche de changement et d’évolution. Les relations sociales sont donc un pilier de la psychologie positive, en soi qu’elles sont représentées par la gratitude. La gratitude aux autres, au monde et à soi-même.

Quelle est notre mission ? Quelles sont les choses que l’on fait et qui nous rendent heureux ? Qu’est-ce qui suscite de l’engagement ?

En psychologie positive, différents outils peuvent être utilisés pour faire un travail dans le cadre du développement personnel.

Les cartes de forces notamment, permettent de visualiser concrètement et de manière exhaustive, les différentes forces et qualités dont chaque humain peut disposer. Ces cartes, une fois un travail de tri réalisé, favorisent la visualisation positive que l’individu peut avoir de lui-même. En effet, face à lui, se trouve une série de cartes qui le représente. Ces cartes sont ses forces, sont ses qualités, et grâce à elles, le levier motivationnel et de changement va pouvoir s’opérer.

En visualisant clairement et précisément ses forces, l’individu est en capacité de prendre conscience de ce qui fait son être tout entier. Ses valeurs et ses qualités sont ainsi inscrites sur des cartes valorisantes et grâce auxquelles un travail de développement sera réalisé par le psychothérapeute vis à vis de la personne coachée.

D’autre méthodes, comme le modèle PERMA facilite la prise de recul à 360 degrés sur ce qui fait sens pour l’individu. Souvent, on ne prend pas le temps de se poser et de réfléchir à ce qui fait sens pour nous.  Quelle est notre mission ? Quelles sont les choses que l’on fait et qui nous rendent heureux ? Qu’est-ce qui suscite de l’engagement ? Ces différents questionnements ont pour conséquence une vision plus large que la simple question « qui suis-je ? » et enjoins à développer et à chercher des arguments aux réponses que l’on se doit de se donner.

Nous n’aurions pas assez d’un seul article pour présenter la psychologie positive, ses outils pratiques et ses bienfaits, car il s’agit bien d’une science qui émerge de plus en plus et qui accompagne véritablement les coachs et les thérapeutes qui accueillent un public en quête de mieux-être et de bonheur. Cependant, il est important de compter avec la psychologie positive, non comme complément à un coaching efficace, mais plutôt comme une base de travail. Sans psychologie positive, un coaching ne peut être complet et efficace.

Le travail que l’on fait pour une meilleure connaissance de soi, passe par une relecture de qui nous sommes. Réussir à s’auto-critiquer de manière juste, connaître ses limites, comprendre le sens que l’on donne à sa vie, savoir ce qui nous rend heureux, toutes ces facultés se travaillent et la psychologie positive est le terrain de jeu le plus favorable pour se découvrir et pour accompagner l’individu dans sa propre découverte.

Stéphanie Benlemselmi est formatrice en Communication et Sciences Cognitives.

Psychopédagogue, elle est aussi auteure.

En savoir plus : stephaniebenlemselmi.com